octobre 3, 2022

Le « projet Pegasus » : un logiciel espion utilisé par des États pour cibler des politiques, des journalistes, des avocats… y compris des Français – radioparentheses.fr

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De nombreux pays utilisent un logiciel espion pour cibler leurs propres concitoyens, ou des représentants d’États censément amis. Plus de 1 000 Français sont concernés. Révélations d’un consortium de journalistes créé par Forbidden Stories, dont fait partie la cellule investigation de Radio France.

C’est sans doute l’affaire de cyberespionnage la plus importante depuis l’affaire Snowden. En 2013, on découvrait, sidéré, dans le contexte de l’après 11-Septembre, que la NSA américaine avait mis en place un système mondialisé de surveillance de données. Mais les révélations que Forbidden Stories et ses partenaires, avec le concours technique du Security Lab d’Amnesty International, sont en mesure de faire aujourd’hui, semblent encore plus graves. Car elles montrent que cette surveillance n’est pas l’apanage d’un pays aux pratiques déviantes, aussi grand soit-il, mais qu’elle est généralisée, et concerne tous types de nations.

Qu’il s’agisse du Mexique, de l’Inde, du Maroc, de l’Indonésie, de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan, du Togo, du Rwanda, et même de la Hongrie, un membre de l’Union européenne, des agences gouvernementales ciblent leur propres concitoyens, ainsi que des personnalités à l’extérieur de leurs pays, qui n’ont pour seul tort que d’être des avocats, des journalistes, des diplomates, des médecins, des sportifs, des syndicalistes, de simples militants, ou des hommes politiques, y compris des ministres, et 13 chefs d’Etat ou de gouvernement (dont trois européens comme nous le préciserons ces prochains jours).

« Ce que l’on voit avec le projet Pegasus est très différent et encore plus inquiétant que ce qu’on voyait dans l’affaire Snowden, estime Laurent Richard, le directeur de Forbidden Stories. Ici, on a à faire à une société privée qui vend un logiciel extrêmement intrusif, à des États connus pour leur politique répressive en matière de droits de l’Homme et contre des journalistes. Et on voit clairement que ces États détournent cet outil pour l’utiliser contre ces populations-là ».

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