octobre 3, 2022

« Pandora Papers » : révélations sur les bonnes affaires fiscales de Dominique Strauss-Kahn au Maroc et aux Emirats arabes unis

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« Cash Investigation » a enquêté sur un homme d’influence, Dominique Strauss-Kahn. Depuis qu’il a quitté la vie publique, l’ancien ministre socialiste gagne le salaire d’un patron du CAC 40 tout en se jouant des frontières fiscales.

Après le scandale du Sofitel de New York, l’ancien directeur général du FMI (2007-2011) est devenu conférencier et consultant international. Ses clients : des oligarques, des entreprises ou des chefs d’Etat pas toujours recommandables. Une activité qui rapporte gros. Depuis qu’il a quitté la vie publique, l’ancien ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie gagne le salaire d’un patron du CAC 40 tout en se jouant des frontières fiscales : il a implanté ses sociétés dans des pays où il n’y a aucun impôt sur les bénéfices.

Pour « Cash Investigation », la journaliste Linda Bendali s’est plongée pendant des mois dans les « Pandora Papers », ces millions de documents confidentiels obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et a mis au jour des informations inédites sur Dominique Strauss-Kahn. L’histoire de DSK, l’homme d’affaires, commence un an après l’affaire du Sofitel. Alors qu’il est toujours résident français, en mai 2013, l’ex-député crée au Maroc la société de conseil Parnasse International. Il en est le seul actionnaire et n’a aucun salarié. Pourtant, cette société fait des millions d’euros de bénéfices : 7,8 millions en 2014, 3,8 millions en 2016 et plus de 5 millions d’euros l’année suivante. Sur ces montants, Dominique Strauss-Kahn n’a payé aucun impôt car il a immatriculé son entreprise dans le nouveau quartier d’affaires de Casablanca, la Casablanca Finance City (CFC), une zone franche très attractive pour les entreprises étrangères.

Quand DSK s’installe dans cette oasis fiscale au cœur de la capitale économique du Maroc, les entreprises qui y sont enregistrées ne paient aucun impôt sur les bénéfices pendant cinq ans. Ce n’est qu’à partir de la sixième année qu’elles doivent s’acquitter d’un impôt de… 8,75%, contre 30% dans le reste du Maroc et 33,13% en France au même moment. « Cash Investigation » a demandé à l’économiste spécialiste de la fiscalité Ano Kuhanathan de calculer l’économie d’impôt que DSK a réalisée en délocalisant son activité de Paris à la CFC : « Sur cinq années fiscales complètes, on arrive à environ 6,163 millions d’euros d’impôts sur les sociétés, que son entreprise aurait dû payer si elle avait été domiciliée en France. »

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